Tunisian Platform for Social Economy - Plataforma Tunísina da Economia Social e Solidaria - الشبكة التونسية للإقتصاد الإجتماعي والتضامني

26.8.12

LANCEMENT A TUNIS DU CYCLE DE RENCONTRES DE L’ECONOMIE SOCIALE & SOLIDAIRE ORGANISE PAR PLATESS - Espace Sophonisbe à Carthage le 29 Septembre 2012


THEME : L’ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE, UNE ALTERNATIVE CREDIBLE

Tunis le 29 Septembre 2012.  à partir de 9 H

Espace Sophonisbe - Carthage

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Thematique & Objectifs

 

Dans la conjoncture actuelle de la Tunisie, où le succès des programmes économiques et sociaux s’est avéré très limité par le passé et où les richesses n’ont pas été équitablement réparties, le pays doit désormais emprunter une nouvelle voie de développement économique et social, qui met à contribution l’expérience de la société civile locale, ancrée dans son milieu, exprimant fidèlement les besoins et les attentes des communautés longtemps privées d’initiatives et de moyens. L’économie sociale et solidaire (ou tiers secteur) -ayant fait ses preuves dans divers pays et conjonctures similaires- constitue à ce titre l’alternative la plus adaptée.
Cette économie « de proximité » largement orientée développement local   constitue  une vraie locomotive pour le développement d’activités créatrices de richesse et génératrices d’emplois, pour un développement endogène et réellement  partagé. Elle constitue une vraie réponse aux crises économiques mondiales, présentes et à venir.

(*) Soyez muni de votre Email de confirmation à l'entrée de la conférence


4.8.12

La révolution tunisienne, la question du développement local, et le renouveau du micro-crédit en Tunisie



Houda LAROUSSI *


Les mutations qui viennent de toucher la Tunisie ne seront pas sans impacts sur le développement du pays et son économie. Le choc politique suscité par le départ de Ben Ali, a favorisé un choc économique violent qui s’est traduit par une chute du secteur touristique, la fermeture de plusieurs entreprises et la fuite d’un nombre important d’investisseurs étrangers. Cette situation n’a fait qu’aggraver la faible création d’emplois, et le nombre des personnes en chômage n’a pas cessé d’augmenter pendant cette période (700.000 et allant jusqu’à 1000.000 en décembre 2011, selon le ministère de la formation professionnelle et de l’emploi). Même si le taux de chômage, selon l’Institut national de la statistique (INS) a connu une légère baisse au cours du premier trimestre 2012 (il est passé de 18.9% a au cours du 4ème trimestre 2011, à 18,1%), il demeure toutefois élevé. Les régulières migrations des jeunes désespérés en direction de Lampedusa, ne font que caractériser cette situation.
Ce sont précisément les jeunes les plus touchés par la précarité et par le chômage qui ont joué un rôle fort au cours des soulèvements populaires, et du mouvement social tunisien. On peut les subdiviser en deux catégories : les diplômés sans emploi et les jeunes chômeurs appartenant aux régions démunies et emportés par un sentiment d’exclusion et de haine envers la classe dirigeante. Cette même appartenance sociale a renforcé leur solidarité, en fonction de la situation sociale qu’ils partageaient. Il faut aussi noter que les jeunes sortis des universités, avaient été formés dans une socialisation et une culture militante propices pour s’exprimer alors dans l’espace public.  
D’autres phénomènes à la base des soulèvements populaires ont été révélés. Ainsi, le déséquilibre régional et les pratiques de corruption ont accentué le malaise de la population.  Nous les évoquerons rapidement, avant de revenir sur de nouvelles orientations économiques posées comme des solutions potentielles face à la crise socio économique.... Lire tout l'article 

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* Docteur en sociologie, Enseignante-chercheure, Institut national du travail et des études sociales de Tunis, INTES (Université de carthage), associée au Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique (LISE-CNAM/CNRS) ; et à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC)

3.8.12

FEMME ET MICRO-CRÉDIT EN TUNISIE - LE MICRO-CRÉDIT, OUTIL DE VALORISATION DE LA FEMME AU SEIN DE LA FAMILLE ?



Houda LAROUSSI *

Cet article montre, à partir d’une approche sociologique et d’une application sociétale singulière, les spécificités du micro-financement en Tunisie, essentiellement configuré au
prisme de deux institutions associative et publique. Il procède tout d’abord à un rapide tour d’horizon de la définition du micro-crédit, de sa portée positive tout autant que de ses faiblesses. Par la suite sont décrits les dispositifs existant sur le marché tunisien en matière d’offre de micro-crédit pour les quartiers défavorisés. Enfin, l’auteur évoque le profil des femmes bénéficiaires de micro-crédits parmi les populations jusqu’à présent exclues des politiques de l’emploi, en se référant aux avantages et aux limites du modèle de micro-crédit proposé aux populations en situation de pauvreté.
 

Mots clés : micro-crédit, microfinance, entrepreneuriat,
solidarité, pauvreté.

 

La notion de micro-crédit est aujourd’hui médiatisée (« année » du microcrédit en 2005, prix Nobel en 2006 de Mohamed YUNUS, fondateur de la Gramen Banque). Jean-Michel Servet montre que, méconnu bien qu’utilisé avant les années 1990, « le micro-crédit a fait l’objet d’une communication croissante, et il est souvent présenté comme un instrument parmi les plus efficaces pour éradiquer la pauvreté ou pour assurer un développement local » (SERVET, 2006).
Par-delà la généralité des louanges que suscite le micro-crédit, il paraît judicieux de s’attacher à en montrer l’impact 1 (GENTIL, SERVET, 2002), les apports voire les limites, à partir d’une application sociétale singulière. Quels sont les effets du micro-crédit sur les dynamiques socio-économiques et sur les stratégies de valorisation et d’émancipation de la femme au sein de la famille tunisienne ... Lire tout l'article
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* Docteur en sociologie, Enseignante-chercheure, Institut national du travail et des études sociales de Tunis, INTES (Université de carthage), associée au Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique (LISE-CNAM/CNRS) ; et à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC)

 

1.8.12

Position Paper de la PLATESS - Plateforme Tunisienne d'Economie Sociale & Solidaire


Etat des lieux du travail associatif en Tunisie, avant et après Le 14/01/2011

Le travail associatif selon les règles de l’état de l’art internationalement accordées était pratiquement inexistant en Tunisie avant le 14/01/2011. C’est ainsi qu’à part quelques exceptions notoires, le reste des 9000 à 10 000 pseudo-associations recensées avant la révolution tunisienne étaient en fait des regroupements d’individus portant allégeance au pouvoir politique, fortement noyautées par le régime déchu afin de s’octroyer  lui-même une légitimité d’apparat face à la communauté internationale et feindre ainsi l’existence des composantes essentielles d’une société « en bonne santé » intellectuelle. De même, cela lui permettait d’accéder à un appel de fonds, dont l’origine et les desseins lui étaient indifférents. Ce domaine, parmi tant d’autres, n’avait donc pas échappé à l’autocratie et au despotisme.
Avec l’avènement de la révolution de la dignité du 14/01/2011, une ascension fulgurante a caractérisé la vie associative dans un pays assoiffé de liberté et de solidarité. Loin des slogans du 26-26 (ancien fonds « de solidarité » institué par le régime déchu pour racketter tout un peuple), notre pays meurtri avait plutôt besoin d’une réelle entraide et d’une action citoyenne en profondeur, n’excluant aucune région d’un développement réellement partagé.
Dans ce cadre, notre première action quasi-instinctive a été la mise en place d’une association dénommée « Alternatives  sans frontières, premiers pas vers l’emploi » en septembre 2011 pour parer contre le fléau du chômage des diplômés qui a été le véritable catalyseur de la révolution.
L’association « Alternatives  sans frontières, premiers pas vers l’emploi »  a promu plusieurs activités dans les régions touchant à l’emploi et à l’économie sociale et solidaire, dans les divers secteurs.

LA PROBLEMATIQUE 

Force est de constater cependant, au fil de l’eau, par nos actions ciblées sur le terrain, que la diversité des problèmes rencontrés, des attentes exprimées, et des solutions devant être trouvées fait que le nombre d’associations à créer est appelé à croitre de façon exponentielle, pour satisfaire une demande de plus en plus croissante et de plus en plus ciblée.
En tant qu’association dédiée initialement à l’emploi, après une boulimie de l’action, nous nous sommes résolus à envisager une approche plus rationnelle, en cherchant les réponses aux questions suivantes :
-  Comment favoriser l’émergence (dans toutes les régions du pays) d’un tissu associatif répondant de manière efficiente aux attentes des divers acteurs sociaux, après le constat évident que, pratiquement, chaque problématique porte en elle-même la genèse d’une association
-   Comment professionnaliser et structurer le mode de fonctionnement et de gouvernance des associations en leur octroyant les outils et les techniques, la formation et l’encadrement nécessaires pour mieux  mobiliser les ressources internes et externes. Cette action vise également à aider les membres des diverses associations affiliées à PLATESS, en développant les documents d'orientation selon des formats communs et harmoniser les diverses procédures. Des boites à outils à leur usage seront conçues pour soutenir ces associations dans la mise en œuvre d’une gestion responsable.
-   Comment enraciner la culture du travail associatif dans nos traditions sociétales
- Comment éviter une balkanisation des efforts des associations, qui lui réduirait et marginaliserait leur impact, pouvant arriver jusqu’à avoir des effets négatifs, voire antagonistes
-  Comment fédérer les associations -en apparence très différentes, mais complémentaires- pour accroitre leur impact sur la vie économique et sociale, comment encadrer les effluents de leurs activités pour une réelle stratégie de développement durable et partagé.

Répondre à ces questions, conduirait tout naturellement à la nécessité de créer un organe non gouvernemental investi de tous ces rôles, pour mieux organiser et piloter le travail associatif dans le domaine de l’économie sociale et solidaire, qui soulève des problématiques fortement imbriquées.
C’est pour répondre à tous ces considérations que la « Plateforme Tunisienne d’économie sociale et solidaire » PLATESS a été fondée en janvier 2012.

OBJECTIFS GENERAUX DE PLATESS

Les objectifs généraux (non limitatifs) qui se dégagent des premiers constats sur le terrain et des premières nécessités et priorités de la vie associative en Tunisie comprennent, notamment :
-      Pour un partage plus équitable des ressources économiques inter-régions : pouvant être obtenu au moyen  d’une décentralisation des pouvoirs et des prérogatives socio-économiques, favorisant un développement régional intégré (tel que voulu par les « enfants de la région »), et s’illustrant par l’encadrement et l’appui au développement d’une économie plus « sociale ». Chaque initiative étant tenue par l’obligation de présenter « in fine » un bilan social, accessible à tous.
-      Par une mutualisation des moyens implémentés et des résultats du développement escompté : allant du partage des moyens de production, en passant par l’optimisation des sources et des coûts d’approvisionnement (centrales sociales d’achat) jusqu’à la mise en place d’espaces de « commerce équitable », et l’intégration de ces derniers dans le circuit économique classique (par opposition aux marchés occasionnels, qui existent déjà).
-   Favoriser un partenariat social et solidaire avec les structures de recherche et développement (R&D) dans les milieux universitaire et entrepreneurial: Pour tirer profit des retombées immédiates des innovations (pour les entrepreneurs) et trouver ainsi (pour les structures de recherche) un « laboratoire à ciel ouvert » pour la mise en application de ces innovations. Cette action vise à généraliser le bénéfice de telles méthodes à toutes les régions de la  Tunisie. Egalement, cet objectif s’inscrit dans l’optique de faire le lobbying nécessaire pour l’allocation par l’état (de façon systématique, annuellement) de ressources dédiées à la recherche et l’innovation, outre aux encouragements  et incitations (fiscales et autres) supplémentaires pouvant être institués.
-    Améliorer & fluidifier la coopération au niveau institutionnel : éviter la dispersion des énergies, le chevauchement des responsabilités et prérogatives, améliorer l’intra-communication et la complémentarité entre les institutions existantes, labelliser et interfacer les missions des divers organes étatiques existants, revoir leurs périmètres d’intervention et leurs cadres réglementaires après avoir dressé le bilan objectif « critique » de leurs missions selon leur mode de fonctionnement actuel. Ce travail devant commencer tout d’abord par un diagnostic et une identification des problématiques et disfonctionnements des structures en question.
-     Favoriser la transparence à travers une commande publique responsable : qui intègre de plus en plus de causes sociales et écologiques et favorise ainsi des entreprises de l’économie sociale et solidaire (notamment dans le champ de l’insertion par l’activité économique) au moyen de quotas obligatoires au profit des Petites et Moyennes Entreprise, des Très Petites Entreprises et des entreprises engagées dans le social et le durable. 
-  Mettre en exergue la complémentarité entre l’économie sociale & solidaire et le développement durable : puisque « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs 
o   D’emblée, pour être durable, le développement doit concilier trois éléments majeurs (cf. schéma 1):
·         l'équité sociale appuyée par sa dimension solidaire
·         l'efficacité économique responsable
·         et la préservation de l'environnement pour les générations futures
-    Par essence, un projet de développement durable s'appuie sur un mode de concertation plus abouti entre la collectivité et ses membres. La réussite d'une telle politique passe ainsi :
o par le respect d'exigences de transparence et de participation des citoyens (gouvernance), avec l’association des parties prenantes pour le développement durable, « 1 personne - 1 voix » pour l’économie sociale et solidaire.
o   la lutte contre les exclusions, dont le chômage
-  Recherche de filières d’activités liées au développement durable et à l’économie sociale et solidaire, comme par exemple les suivantes (sachant qu’en Juin 2012 doit se tenir la Conférence des Nations Unies pour le développement durable a lieu à Rio de Janeiro RIO+20) :
o   Valorisation de l’héritage culturel et ethnique
o   L’artisanat et le ravivement des anciens métiers
o   commerce équitable,
o   agriculture biologique,
o pêche qui exploite durablement les ressources halieutiques renouvelables et permet la conservation de la diversité biologique
o   énergies renouvelables,
o   gestion durable de l'eau (biomatique)
o   éco-construction,
o   bio-masse (biogaz par la méthanisation des fumiers)
o   transports doux,
o   La gestion durable des sols
o   DEEE, Déchets d'équipements électriques et électroniques (en préventif et curatif)
o   La réduction des polluants organiques persistants (POPs);
o   tourisme solidaire,
o   logiciels libres, etc.
-     Contribution à la mise en place de politiques territoriales responsables :
o   Pour un aménagement du territoire structurant et doté d’une vision prospective traduisant des politiques territoriales en faveur des divers intervenants de l’économie sociale et solidaire
o   pour le développement durable,
o    Et enfin pour une réelle convergence de ces politiques
- Coopération culturelle
Favoriser la Coopération culturelle pour un futur commun entre les nations, les communautés, les régions. PLATESS vise à promouvoir la mise à profit de ce vecteur exceptionnel de rapprochement qu’est la culture, patrimoine commun de l’humanité. Cette coopération met en œuvre un savoir-agir pour convertir les divergences en convergences, tout en sauvegardant et respectant l’empreinte propre à chaque culture, ses spécificités locales/ethniques/religieuses…
-      Appui au tissu associatif
L’appui au tissu associatif a pour but de mieux faire circuler la culture associative et de vulgariser les mécanismes de fonctionnement des associations,  d’améliorer leur gouvernance. Il aspire également à apporter des réponses idoines aux besoins de formation et d’encadrement nécessaires à un fonctionnement « professionnalisé » des associations. PLATESS vise l’élaboration de documents d'orientation selon des formats communs et de tool-kit à usage associatif.